Le principe, sans jargon
Chaque page de votre site dispose d’un capital de crédibilité, hérité des liens qu’elle reçoit — externes comme internes. Quand elle pointe vers une autre page, elle lui en transmet une part. Le maillage interne est simplement la façon dont ce capital circule chez vous.
Il joue sur deux plans. Le premier est le transfert d’autorité : plus une page reçoit de liens internes depuis des pages importantes, plus Google la considère comme centrale. Le second est sémantique : les liens et leurs ancres indiquent de quoi parle la page de destination.
Le problème, sur la plupart des sites, c’est que cette circulation est involontaire. Elle suit le menu, le pied de page et l’ordre chronologique du blog — pas la valeur commerciale des pages.
Diagnostiquer votre maillage actuel
Search Console, Liens → Liens internes. Vous obtenez le classement de vos pages par nombre de liens internes reçus. Comparez-le à la liste de vos pages qui génèrent du chiffre d’affaires.
Dans neuf audits sur dix, le classement ressemble à ceci : accueil, mentions légales, politique de confidentialité, contact, dernier article publié. Les pages de service ou les catégories qui portent le business arrivent bien plus bas. Vous envoyez donc l’essentiel de votre autorité vers des pages qui n’en ont aucun usage.
Cinq règles qui suffisent
- Les pages qui vendent reçoivent le plus de liens.C’est la règle qui résume toutes les autres. Vos contenus informationnels doivent alimenter vos pages commerciales, pas l’inverse.
- Trois clics maximum depuis l’accueil. Au-delà, une page est crawlée rarement et perçue comme secondaire. Si une page stratégique est à cinq clics, ce n’est pas un problème de contenu mais d’architecture.
- Des liens dans le corps du texte, pas seulement en navigation. Un lien contextuel, entouré de texte pertinent, pèse plus qu’une entrée de menu répétée sur toutes les pages.
- Relier les contenus qui traitent du même sujet. Un groupe d’articles liés entre eux et pointant vers une page pilier envoie un signal de couverture thématique — c’est aussi ce que lisent les moteurs génératifs.
- Les nouvelles pages reçoivent immédiatement des liens.Une page publiée sans aucun lien interne entrant peut mettre des semaines à être découverte. Prévoyez deux ou trois liens depuis des pages existantes le jour même.
Le sujet des ancres
L’ancre — le texte cliquable — indique à Google le sujet de la page visée. « Cliquez ici » ne transmet rien. « Notre méthode » non plus. « Audit SEO » transmet une information exploitable.
Deux précautions cependant. D’abord, variez : cinquante liens internes avec exactement la même ancre exacte paraissent artificiels. Ensuite, restez naturel — l’ancre doit se lire normalement dans la phrase. Le bourrage d’ancres exactes était une technique des années 2010 ; elle n’apporte plus rien et attire l’attention.
Par où commencer concrètement
Un chantier de maillage bien mené tient en une demi-journée sur un site de taille moyenne. La séquence que j’applique :
- Lister vos cinq à dix pages cibles : celles qui génèrent des demandes ou des ventes.
- Pour chacune, identifier dans la Search Console les pages de votre site qui reçoivent déjà du trafic sur des sujets connexes. Ce sont vos pages sources.
- Depuis chaque page source, ajouter un lien contextuel vers la page cible, avec une ancre descriptive et une phrase qui justifie le lien.
- Vérifier qu’aucune page cible n’est à plus de trois clics de l’accueil.
- Contrôler l’effet six semaines plus tard sur les positions de ces pages cibles.
C’est souvent le premier chantier que je lance après un audit : peu coûteux, sans dépendance technique, et avec un rapport impact/effort rarement égalé par la production de contenu neuf.

Baptiste Duc
Consultant en acquisition SEO & SEA
Cinq ans de SEO en agence chez Eskimoz, puis le SEA. Aujourd'hui indépendant en Savoie, j'accompagne PME, e-commerce et SaaS sur leur acquisition, avec une approche orientée données. En savoir plus